Rencontre avec Pekka

Pour quelques images de la rencontre, ça se passe par là !

C’est la Toussaint, c’est un jour férié, mais pas pour tout le monde. Pekka, elle en pleine « résidence tremplin » avec Julien Chirol (réalisateur de son EP) à l’Atrium, accepte qu’on vienne la déranger un peu !

Studio Paulo Rosine, clavier rose, looper, Pekka, Julien Chirol et Clément Doche (CL3MSON). 

Si tu suis déjà ce blog, je ne devrais pas avoir à te présenter Pekka, mais si tu découvres l’article et le blog (il y a aussi une troisième possibilité, c’est que tu découvres le blog mais pas Pekka, et la n’hésite pas à cliquer sur « A propos »). Pekka c’est une artiste résolument pop, elle vient de sortir un premier EP intitulé Les amours parenthèses, alors on en profite pour en savoir plus !

Pekka, vous l’avez peut-être découverte (musicalement en tout cas) à travers la compilation Créole Pop, avec les deux morceaux que sont I want you to know et Tchip ? Ou peut-être même avant avec les morceaux qu’elle postait sur le net ? Et vous êtes sûrement au courant qu’elle a sorti son premier projet à elle ! Son EP dont on va justement parler dans cet article… Et elle n’a pas prévu de s’arrêter là seulement !

Pekka et la musique 

Pekka et la musique, depuis quand et comment ?

Elle nous raconte son histoire son histoire avec le piano : « Ma mère joue du piano, je me souviens d’avoir réclamé de prendre des cours depuis petite » et c’est finalement toute seule qu’elle a appris avec des petites méthodes, en autodidacte. Puis elle a pratiqué deux ans au lycée.

Il y a aussi un autre instrument que Pekka utilise… Vous l’avez peut-être repéré sur scène, c’est le looper ! Après avoir commencé sur l’iPad, elle a finalement abandonné ce support car il n’était pas très pratique et a adopté par nécessité, un « vrai » looper avec deux pédales et puis c’est Julien Chirol (directeur musical de l’EP) qui lui a conseillé un looper avec plus de pédales.

Pour ce qui est de la voix, elle s’est perfectionnée à travers des cours de chants il y deux ans avec un professeure de l’académie de musique de la Martinique : Sahily Adelón.

Pekka – Dissatisfied , 2013 (qui ne sera pas sans vous rappeler “l’insatisfaite” sur son EP)

Mais à quel moment on passe de jouer du piano à chanter ses chansons ?

Elle explique avoir commencé à écrire des chansons par ennui en 2009, pendant qu’elle habitait quatre mois chez comptable à Cardiff.

Et pour ce qui est de se mettre à fabriquer de la musique encore plus sérieusement ?

Pour Pekka, elle date ce moment à la rencontre avec Joël Jaccoulet de Bcaribbean, à ce moment, c’est la première fois qu’un professionnel lui dit « qu’il y a moyen de faire quelque chose avec mes chansons ».

La création de « Les amours parenthèses »

Un EP qui semble affiché la tonalité dès l’affiche et pourtant… ne vous laissez pas piéger par le rose ambiant et regardez les détails, prêtez l’oreil !

Étapes de création de l’EP by Pekka 

  1. Réaliser votre maquette sur garageband comme une grande,
  2. Contactez votre directeur musical,
  3. Restez enfermé en studio pendant 2 semaines !

Plus sérieusement, ce sont les étapes qui ont menées à la création de « Les amours parenthèses » . En effet, après avoir réalisé sa maquette sur garageband, elle a contacté Julien Chirol.

Ensuite ils parlent de deux semaines enfermés dans le studio pour refaire, travailler les pistes, y faire intervenir de vrais musiciens (surtout les cuivres que Pekka voulait tant, une des raisons pour lesquelles elle a justement choisi de travailler avec Julien Chirol comme directeur musical, pour son expérience dans le domaine).

Réception de l’album par Julien Chirol :

D’emblée, il avoue « Si j’ai accepté : c’est que ça m’a plu ! ». Et rajoute qu’il faut « du gout pour la musique qu’on entend » mais aussi « pouvoir y apporter quelque chose ».

Julien Chirol explique le procédé quand un artiste vient vers lui avec son projet en ces termes : « l’idée c’est d’essayer de partir pour le faire aller un peu plus loin, pas partir dans une autre direction.  Quand un artiste propose un projet à réaliser, on cherche ce qui est constitutif de son identité afin de ne pas le perdre ». Ainsi il l’affirme, si l’auteur – compositeur met sa maquette à côté de ce que ça a donné : on retrouve la chanson !

L’idée est donc d’accompagner l’artiste à réaliser son idée « on ne se rend pas compte d’une petite idée qu’on a eu » affirme-t-il ! Et c’est la raison pour laquelle musicien, arrangeur, réalisateur : sont au service de l’artiste car il ne s’agit pas pour le réalisateur de faire son propre disque mais bien d’aider l’artiste à réaliser le sien. 

Et Pekka explique justement que c’était important pour elle important de travailler avec quelqu’un qui lui laisse la place.

Il cite : « Échange, partage, arriver à partager un même vocabulaire, réussir à mettre mots sur des sensation, sentiments, puis traduire tout ça en musique » et donc selon lui : « Avant de commencer à enregistrer la musique, il faut apprendre à se connaitre, pour être sur qu’on peut s’entendre en studio »

De plus il rappelle que pour les artistes qui s’autoproduisent, entrer en studio représente un vrai enjeux, financier notamment.

Premier clip de l’EP, titre éponyme !

Un premier projet en autoproduction

Oui, parce que Pekka, à travers cet EP se lance dans l’autoproduction !

Et elle nous en parle comme d’une prise de risque qui lui a permis d’affirmer que c’est son projet, alors que produit par quelqu’un d’autre elle aurait voulu se plier à la conception qu’on a de ses chansons. Tandis que dans ce cadre, elle se sent autorisée à diriger le projet là où elle veut !

Formée pour l’autoproduction

Elle n’a pas foncée dans l’aventure de l’autoproduction tête baissée ! Elle a pu suivre une formation destinée aux auteurs, compositeurs, interprètes à Paris au Studio des variétés durant deux semaines. Une formation durant laquelle tous les aspects créatifs, communicationnels, juridiques… sont touchés. Et c’est d’ailleurs le lieu de la rencontre avec son futur (à l’époque — oui parce que l’EP est sorti donc maintenant c’est le présent) directeur musical, Julien Chirol, intervenant dans la formation.

Il en profite d’ailleurs pour faire un point sur la production, démontant des mythes : « Une vielle tradition, le cliché du producteur avec un cigare, une chaine en or qui dit –je vais faire de toi une star– ça n’existe plus ; ce n’est pas une tradition française de faire ça ». 

Pas de censure ?

Si vous n’avez pas encore écouté les amours parenthèses, vous ne savez peut-être pas que Pekka traite de sujets qu’on aborde peu, en tout cas sous cet angle.

Si elle fait preuve de délicatesse et garde un minimum de distance grâce à l’humour, elle nous dit « je veux un enfant », nous parle de ses lectures osées, de ses relations, bref des tribulations d’une trentenaire nous dit-elle !

Elle nous confirme le bon accueil, avec souvent des dires de jeunes femmes se retrouvant dans dans ses chansons abordant des sujets typiquement féminins.

Finalement, à chercher une « hérédité », une « tradition » dans ces paroles un peu osées on cite des genres, la musique martiniquaise, le zouk… qui n’ont pas pour habitude d’oser lever le voile sur ces sujets.

Et Julien Chirol, le directeur musical de l’EP de rajouter  « tu as une manière d’aborder ça qui est dans l’actu, ce n’est pas courant dans la chanson française de manière générale ».

Et finalement ces paroles placées avec humour, délicatesse, évitent à l’artiste de rester dans un ton « pathos, dramatique » comme elle le dit elle-même.

Le choix des morceaux ?

Comme dans tout album, il y a ce qu’on garde pour le projet et ce qu’on met « de côté » ! Mais comment Pekka a-t-elle choisi les morceaux sélectionnés sur son EP ?

« Les morceaux en français ont été choisis ! » affirme-t-elle ! En expliquant que « En anglais les sujets étaient déjà abordés, tandis qu’en Français non » !

La vie de « Les amours parenthèses »

Tremplin !

Pekka et les amours parenthèses c’est aussi une résidence tremplin à l’Atrium.

En effet, Pekka a de la place, un nombre d’heures pour les studios de l’atrium un investissement financier permettant de rémunérer les intervenants qui travailleront jusqu’à juin 2019.

Et elle nous explique qu’avoir l’appui d’une scène nationale permet d’ouvrir un réseau de scène nationale permettant de présenter son projet ailleurs !

Live ?

Du live, Pekka nous en a déjà proposé autour de son EP et ce n’est pas fini !

Mais parlons de sa formule live (parce que comme vous vous souvenez, elle nous parlait de cuivre et tout ça… mais en live, ça donne quoi ?).

De mon côté, j’ai pu assister à un joli concert de Pekka avec Guy Marc Vadeleux au Piano et Daniel Dantin aux percussions, deux musiciens qu’on connait bien dans le milieu du jazz caribéen notamment latin !

Et Pekka ne les a pourtant pas choisi pour cette inclination. Même si elle les a choisi parce qu’ils sont de « très bons musiciens », c’est aussi et surtout pour leur ouverture et leur capacité d’écoute dit-elle. En effet, elle explique que puisqu’elle n’est pas musicienne professionnelle, elle cherchait des personnes à même de se rapprocher de ce qu’elle veut même si elle n’a pas les bons mots.

De plus, elle a décidé de s’orienter vers une version live éloignée de l’album, une version live est née d’une rencontre qui a bien fonctionnée.

Ce travail en résidence durant laquelle on les retrouve, est donc nécessaire pour doser un peu le looper pour le côté pop et le côté caribéen des artistes live.

Julien Chirol lui, découvre ces musiciens qui maitrisent parfaitement les musiques afrocaribbéenne et qui sont également très ouverts avec une culture musicale bien élargie.

Une formule live qu’elle a choisi légère afin de pouvoir bouger avec légèreté ! Une formule fixe en trio, mais pas en musicien puisqu’à cette résidence, c’est Clément Doche (CL3MSON) que l’on retrouve au clavier avec Pekka. Un musicien qui n’a pas la culture du jazz caribéen et qui ramène encore plus le projet vers la pop, la chanson française.

Mais même au delà du live, l’EP de Pekka a cette patte caribéenne qu’elle revendique d’ailleurs !

Sa playlist

  1. Delgres – Mr président
  2. Clara Luciani – La Grenade
  3. Leon Bridges – Bad Bad News
  4. Kesha – Rainbow
  5. Kendrick Lamar – Love
  6. SZA – Drew Barrymore
  7. Fréhel – Un chat qui miaule
  8. Moun de Rivel – Kiembeli
  9. Mel – Touch me
  10. Charles Aznavour – Formidable

Une playlist à l’image de l’univers de l’artiste… mêlée de Caraïbe, de chanson française, de chanson créole, de pop !

De l’EP à l’album

Comment dis précédemment, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et nous annonce déjà la sortie de son nouveau projet : son premier album “Sugar sugar” ! Et elle fait appel à nous !!!

L’interview super chouette

Pekka elle aussi sera à retrouver sur l’interview Super Chouette, très prochainement sur Super Radio !

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2 commentaires

  1. Elle est talentueuse olala ! J’ai beaucoup aimée Disatisfied et Je Veux un Enfant, leurs messages m’ont touchée, et j’irais écouter son EP avec plaisir !

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